 Saïd Chohra, Abdelhamid SiAfif, Omar Chikh (ph alfaTrès au fait des chiffres, rappelant sans cesse la situation de l’Algérie au début des années 90, anticipant un avenir prometteur, Abdelhamid SiAfif maitrise son sujet sur le bout des doigts et vend la campagne présidentielle avec un bagout et un argumentaire impressionnants.
Abdelhamid SiAfif a, dans son tableau synoptique, dressé quelques repères judicieusement choisis : la sécurité est revenu après que les Algériens aient été contraints de se mettre à l’abri dès la nuit tombée. Abdelaziz Bouteflika a remis l’Algérie sur la map, dès le début de son premier mandat, alors qu’elle subissait un véritable boycott qui ne disait pas son nom de la part de pays pour lesquels elle était devenue «infréquentable». Grâce à l’exceptionnel abattage du Président, son réseau et ses relations, l’Algérie aurait refait le chemin perdu avant, une fois la paix rétablie, de se lancer dans un ambitieux programme d’infrastructures qui a coûté des dizaines de milliards de dollars et dont on vérifiera bientôt les résultats. SiAfif a cité les grands travaux structurants comme l’autoroute Est-Ouest, le métro d’Alger, l’aérogare Houari-Boumediene, les investissements considérables dans les liaisons ferroviaires. SiAfif a reconnu cependant que l’Algérie restait «fragile» et que le grand chantier qui restait à réaliser était le désengagement du pays de la dépendance pétrolière.
Le représentant du FLN pour l’immigration, qui était accompagné d’Omar Chikh et Said Chohra, a dressé un tableau de ce qu’était l’Algérie et de ce qu’elle deviendrait quand d’autres grands chantiers seront achevés. Il a cité, à l’horizon 2025, l’aboutissement d’un plan touristique qui capterait près de 20 millions de touristes à cette échéance.
Bien que les chiffres avancés par Abdelhamid SiAfif soient impressionnants, quelques intervenants – dont Belkacem Nouffi – lui ont fait remarquer qu’il y avait de nombreux couacs qui constituaient autant de bémols dans cette partition si remarquablement exécutée par SiAfif. En particulier, la question du chômage et les chiffres avancés par les uns et les autres. Selon SiAfif, le chômage qui était de 29% il y a quelques années encore, aurait baissé à 11% alors que certains pays européens – il n’a pas dit lesquels – pouvaient craindre que le chômage soit à deux chiffres si les conditions du marché continuaient de se détériorer. Mourad Mahemli, de Rencontres Berbères, a soulevé la question des harraga et s’est étonné que l’État criminalise ce phénomène. D’autres questions ont tourné autour du rapatriement des dépouilles des Algériens décédés à l’étranger et de la lenteur constatée pour la résolution de cette question. SiAfif a certifié que la solution du problème était proche et que les responsables algériens – particulièrement ceux opérant dans le domaine des assurances – faisaient le maximum pour aboutir le plus vite possible. Il a été également question de savoir comment l’État pourrait aider la communauté algérienne établie à l’étranger et comment celle-ci – 7 millions de nationaux vivent hors des frontières – pourrait apporter sa contribution à la mère-patrie.
Fatiha Gater, militante FLN, a posé une question qui lui a valu des applaudissements : parmi les pauvres, les femmes étaient les plus défavorisées. L’État penserait-il à un revenu qui vienne soulager quelque peu leur état? Malgré un feu nourri de questions, dont certaines difficiles à contrer, Abdelhamid SiAfif, imperturbable, a continué de soutenir que l’Algérie avait certes des problèmes mais que les progrès accomplis sous la férule d’Abdelaziz Bouteflika sont incontestables. Il a appelé les citoyens à voter peu importe le candidat à qui irait leur suffrage.
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