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Octobre 2008

Mohamed Lamri, jamais découragé

Informaticien, ce spécialiste en développement de logiciels a décidé de s’attaquer au marché algérien

Mohamed Lamri, jamais découragé
Mohamed Lamri (photo alfa )

Il affronte les problèmes avec le sourire et une délicieuse urbanité qui font douter de leurs gravités. Pourtant, Mohamed Lamri mesure parfaitement les difficultés de vivre au Canada où un immigrant, particulièrement, a toujours plus de difficultés pour se faire une niche dans des domaines trustés par des compagnies aux puissants moyens financiers, techniques et humains. Après avoir mis ses connaissances à niveau à l’université de Montréal, ce docteur d’État en informatique recrée, à Montréal, la compagnie qu’il avait déjà fondée en Algérie : « En 2002, j’ai relancé Rachidia déjà créée en 1994 en Algérie. À l’origine, Rachidia est une école de formation en informatique et de développement de logiciels. J’ai décidé de creuser le même sillon en me disant qu’un jour où l’autre, je finirais par récolter ce que j’ai semé». Le calcul est pertinent, la vision juste, la perspective encourageante. Mohamed Lamri butte cependant sur le manque de moyens. Il s’attaque, avec pratiquement pas de fonds, à un marché largement verrouillé par de grosses entreprises : « À mes débuts, en 2002, j’ai eu des difficultés. Aucun client malgré tous les efforts déployés. J’ai alors fait basculer Rachidia du français vers l’arabe. J’ai réussi à décrocher des contrats en Arabie Saoudite, en Égypte, en Algérie, au Maroc»

Arrivé au Canada en 1998, Mohamed Lamri, en plus du développement de sites web, s’attaque au domaine de logiciels. Il réfléchit à un concept qui lui tient à cœur et dont le marché lui semble porteur : «J’ai travaillé sur un logiciel destiné à gérer la scolarité et spécialement adapté aux CEM algériens». Un gros marché puisque leur nombre atteint les 4000. En 2006, Mohamed Lamri se rend en Algérie, essaie de placer son produit, rentre bredouille. Le produit est pourtant bon, la demande est là, le besoin pressant. Quelles sont donc les raisons qui font que la vente n’ait pas été conclue? Même sur un marché émergent comme l’Algérie, un produit, pour être placé, à besoin d’une vaste campagne de promotion pour trouver son débouché. Impatient, Mohamed Lamri brûle les étapes, s’attaque à un gros marché sans mettre les moyens nécessaires, croit que les qualités intrinsèques d’un produit forcent automatiquement les portes du marché. L’échec, loin de le démoraliser, le fait réfléchir. Deux ans après, au mois de septembre 2008, Mohamed Lamri, jamais découragé, prend l’avion pour Alger, cette fois avec un nouveau produit : « La gestion des rendez-vous pour les médecins, cliniques, dentistes, laboratoires est un véritable casse-tête. Cela se traduit par une importante perte de temps et d’argent. J’ai travaillé sur un nouveau logiciel qui permettrait aux professionnels du secteur de la santé d’ assister, maîtriser et ordonner leurs activités». Ce logiciel est destiné à faciliter la vie. Sans difficultés, on peut consulter le dossier médical d’un patient, évaluer l’état de la facturation, savoir quels services ont été payés et ceux qui restent à recouvrer. Mohamed Lamri peaufine encore son produit, introduit des fonctionnalités inédites comme l’email intégré, la transmission électronique du dossier, la consultation du diagnostic et des antécédents médicaux, un système d’alerte pour rappeler au patient, qui l’aurait oublié, son rendez-vous. Prudent, il tient compte des enseignements précédents afin de ne pas répéter l’échec de 2006 : «Je vais à Alger pour deux mois, confiait-il avant de prendre l’avion. Je vais consacrer ce temps à étudier la mise en marché du produit, évaluer les frais fixes et les frais variables reliés à sa commercialisation, réfléchir aux coûts reliés à l’ installation une équipe commerciale qui ferait partie aussi de la force de vente du produit» . Le marché algérien est demandeur de logiciels de gestion, c’est une évidence. Mais une impréparation pourrait compromettre le succès du projet. Mohamed Lamri, averti par l’expérience passée, veut se donner tous les moyens pour réussir. Deux mois en Algérie, c’est vite passé quand on est persuadé de l’excellence de son produit. Une fois, l’étude de marché achevée et les fonds rassemblés, restera à commercialiser le logiciel de gestion auprès des professionnels de la santé. Ce ne sera pas nécessairement l’étape la plus compliquée.



Mustapha Chelfi
Mise en ligne :05/10/2008



 
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